lundi 8 février 2016

Lundi 8 février - Géographie - L'Asie du Sud et de l'Est : les enjeux de la croissance - Etude de cas sur Mumbai

Thème 3 - Dynamiques géographiques des grandes aires continentales
Question - L'Asie du Sud et de l'Est : les enjeux de la croissance
Séquence - Étude de cas sur Mumbai

Séances 1 et 2 - Mumbai, mégapole mondiale et vitrine de l'émergence d'un BRICS, l'Inde

Travail préparatoire
: Les élèves sont divisés en groupes de travail. Ils abordent le dossier documentaire sur Mumbai à partir d'un plan donné (pages 330-331) puis se subdivisent le travail en binômes. Chacun traite une des trois parties et a pour objectif de proposer une partie détaillée et instruite, appuyée sur la partie du corpus documentaire liée et systématiquement adossée aux éléments pertinents des documents (statistiques...). Enfin, chacun des sous-groupes doit aboutir à produire après ce travail et suivant la répartition de la composition par le groupe, une introduction, des transitions et une conclusion.


Cours dialogué: reprise et mutualisation

Vidéo sur Mumbai: https://fresques.ina.fr/jalons/export/player/InaEdu05229/360x270


CONSTAT
I) Mumbai, une mégapole devenue une ville mondiale de second rang, intégrée dans la mondialisation et qui s'impose comme la capitale économique indienne et la vitrine de son émergence 

A) Une ville mondiale de second rang, intégrée dans la mondialisation, interface entre l'Inde et le monde, dotée d'infrastructures qui lui permettent d'être extravertie et ouverte aux échanges de la mondialisation
 


- Définition et critères rapides d'une ville mondiale (possible à placer en introduction ou en titre de conclusion de sous-partie)

- Interface entre l'Inde et le reste du monde richement dotée en infrastructures attractives mais insuffisantes
- Ville extravertie tournée vers le monde et la mer du fait de son histoire coloniale
- Deux aéroports internationaux (Doc 1 avec Navi Mumbai international Airport et Chhatrapati Shivaj International Airport)
- Deux ports (Mumbai Port Trust et Nehru Port Trust) tournés vers la Mer d'Oman, le Proche-Moyen orient et l'Afrique, vers l'Océan Indien et l'Asie
- Projets d'infrastructures visant à densifier l'offre de transports de Mumbai au travers de pont (Mumbai Trans Harbour Sea link, Bandra Worli Sea Link)
- Offre de transports ferroviaires et routiers saturés et dépassés 
 
- Une ville qui concentre les fonctions de commandement
- Fonction économique: 
Capitale économique de l'Inde
Quartiers d'affaires (Belapur, Bandra-Kurla Complex, Quartier du Fort et Nariman Point)
Sièges de grandes FTN indiennes, 6 des plus grandes (groupe Tata, Hindustan Petroleum...)
La capitale économique de l'Inde, qui concentre 25 % de la production industrielle du pays, 40 % de son commerce maritime et 75 % de ses flux financiers, attire de nombreux habitants des campagnes.  

- Fonction financière: sièges de la State bank of India, du Bombay Stock Exchange, première bourse indienne et le National Stock Exchange of India
- Fonction scientifique, technologique et culturelle:
Film City qui renvoie à l'industrie de Bollywood (l'une des trois premières productrices de films au monde et la première d'Asie)
University of Bombay
- Fonction de divertissement:
Parc national Sanjay Gandhi
  
- Une ville qui attire et concentre en retour les sièges des FTN  

D’après Atlas de l’Inde, une fulgurante ascension et Monitoring Indian Economy de 2008, Mumbai est une des quatre villes les plus importantes du pays émergent qu’est l’Inde avec Kolkota (Calcutta), Chennai et New Dehli. C’est la ville qui s’impose comme la capitale économique de l’Inde avec plus de 2572 sièges sociaux répertoriés et dont 200 seulement sont contrôlées par la ville elle-même.
  - Un pôle démographique mégapolitain, en pleine expansion  et transition démographique

 21 900 967 personnes , 7ème ville mondiale avec un accroissement démographique typique d'une ville d'un État en développement, et émergent, qui se caractérise par un étalement urbain anarchique et une croissance liée à l'exode rural. Depuis 1950, Mumbai connait une croissance démographique continue. La ville passe de 2,7 millions d'habitants en 1950 à plus de 14 millions en 2015, quant à son agglomération, elle passe de 3 millions à plus de 21 millions en 65 ans. une multiplication par 7 pour une ville qui représente à elle seule, un tiers de la population française sur une surface 603km3, sur une surface 1000 fois moins importante.



D'après Métropoles XXL en pays émergents et www.census2011.co.in, la ville de Mumbai connait une croissance urbaine et démographique forte depuis 1961. Sa population passe de plus de 4 millions de personnes en 1961 à plus de 20 en 2011. Considérer Mumbai aujourd’hui, c’est considérer la croissance de son aire urbaine, c’est-à-dire celle de son centre qui progresse peu (3 millions de personnes) entre 1961 et 2011 et celle de sa périphérie et du territoire sous son influence. Ces deux ensembles réunis sont ceux qui connaissent et absorbent l’essor démographique et urbain de Mumbai. 
Ainsi, ce sont eux qui vont concentrer et rassembler les 17 millions de personnes qui gagnent l’aire urbaine en 50 ans. Ce phénomène est typique du phénomène de métropolisation (transformation d’une cité en un espace qui domine une aire urbaine étendue, sous son influence et qui rassemble en son centre les fonctions de commandement) mais il caractérise l’étalement urbain que cela implique.
 

- Ville mondiale mais de second rang (docu 2) dans le classement Global Power city inex de 2011 (34e rang avec des faiblesses en R&D, en qualité de vie, en gestion de la pollution, de l'améngement urbain et en économie) et qui doit progresser dans nombre d'autres domaines  (logement, pauvreté...)

B) La capitale économique indienne et plus grande ville du pays qui par son attractivité, croit et subit un essor urbain conséquent


- Plus grandes concentration indienne de services alors que l'Inde est connue pour être "le bureau" du monde
- Plus grande variété d'activités indiennes
- Capitale économique qui concentre la majeure partie des entreprises et sièges d'entreprise en Inde devant New Dehli, Chennai, Bengaluru, Kolkota  
 
C)  Une vitrine de l'Inde mondialisée et émergente
- métropole du Sud rayonne à l'échelle nationale et régionale
- devenue une ville mondiale
- mais qui restant de second rang, vise à intégrer les premières villes mondiales de l'archipel mégalopolitain 
- et qui doit faire face à ses limites 


Conclusion partielle

Mumbai concentre les fonctions de commandement économique et financière indienne, elle offre un nombre d’infrastructures tournées vers l’Inde, l’Asie et le monde. En cela, elle se présente comme une interface entre l’Inde, son espace asiatique proche (Asie du Sud) et lointain (Asie du Sud-Est), tout en s’ouvrant vers le reste du monde.


Faisant partie des 35 plus grandes villes mondiales selon le Global Power City Index de 2011, elle apparait comme une mégapole de second rang à l’échelle mondiale restant en devenir et comme une place stratégique, incontournable et en plein essor aux échelles nationale et régionale. En cela, parce qu’elle concentre importance démographique, fonctions de commandement et infrastructures tournées vers le monde, elle symbolise à elle-seule l’émergence de l’Inde mais aussi ses difficultés, ses limites et les problèmes que pose un développement rapide obtenu en quelques décennies.

II) Mumbai est une métropole émergente dont l'organisation spatiale reflète les spécificités et difficultés de l'émergence de l'Inde, un des BRICS, et des Etats du Sud, face à sa croissance
 
A) Une ville qui connait un essor urbain qui se matérialise par un étalement urbain et un polycentrisme croissant mais aussi par l'informalité de son aménagement

- Le constat d'un étalement urbain qui part de la ville historique de Mumbai et de ses littoraux pour gagner le long des axes de transport, des espaces en réserve qu'ils soient agricoles ou protégées. Mumbai s'étend de son centre-historique organisé autour du littoral vers toutes les directions, vers Vasai au Nord, vers Bhiwandi-Kalyan-Alhasnagar au Nord-Est, vers Panvel au Sud et au Sud Ouest.

- Un étalement urbain qui se caractérise par son impréparation, sa dimension informelle et la bidonvillisation qui l'accompagne au coeur des quartiers historiques ou dans les interstices des axes de transport.

Mumbai abrite ainsi le plus grand d'Asie, Dharavi. S'étendant sur 223 hectares, il compterait entre 600 000 et 1 million d'habitants. 

- Développement de gated communities et de ghettos urbains riches, avec un phénomène de gentrification limitée mais existant

B) L'étalement urbain de Mumbai oblige à une extension de l'aire urbaine en périphéries, entraînant la construction de nouveaux centres, une périurbanisation non maîtrisée et une externalisation des activités qui entraine une spécialisation des territoires ...


On assiste à une émergence de territoires à Mumbai dominés par une activité spécifique (Santacruz)…Ce qui caractérise une spécialisation et une organisation du territoire de la ville qui sont dépendantes des fonctions économiques dynamiques …


…Cela induit une réorganisation du territoire de Mumbai autour de nouveaux pôles spécialisés, se déplaçant soit en périphérie soit s’installant à la place des quartiers les plus défavorisés, tout en repoussant vers l’extérieur les populations démunies… 


…Cette spécialisation du territoire se fait à l’échelle de la ville, mais est lié aussi bien à la division et à la répartition des activités à l’échelle régionale, nationale qu’à l’échelle mondiale. La DIT et sa nouvelle organisation bouleverse la manière dont Mumbai évolue… 


Cette transition démographique et toutes ces caractéristiques sont typiques d’une ville inscrite dans la mondialisation des échanges, et caractérise un des centres en plein essor d’une économie émergente comme l’Inde par ses réorganisations brutales et une spécialisation fonctionnelle de ses espaces, espaces tournées vers l’Inde, l’Asie et le reste du monde.

C)  ... qui débouche sur un polycentrisme qui met en réseau le centre historique qui polarise jusqu'à 60 km  alentour, ses périphéries nouvelles et aménagées et ses marges, tout en créant des inégalités socio-spatiales qui creusent l'écart entre les plus riches et les plus pauvres



LIMITES et SOLUTIONS
 
III) Mumbai doit faire face à des limites internes et externes pour s'affirmer à toutes les échelles

A) Les limites environnementales et écologiques

- Destruction des écosystèmes naturels et des mangroves qui stabilisent et protégent les littoraux

- Pollution liée aux activités humaines et industrielles mais aussi aux mobilités
Le réseau de transports de la ville est en effet totalement asphyxié. Avec 7,5 millions de passagers par jour, ses trains sont parmi les plus surchargés sur la planète et de nombreux accidents mortels surviennent quotidiennement.
 
- Pollution des ressources et absence d'accès aux sanitaires et au tout-à-l'égout
Mumbai doit aussi faire face à une forte pollution et à la gestion des déchets : 10 000 tonnes sont générées chaque jour.
 

- Du point de vue environnemental, les espaces verts sont peu nombreux et subissent une pression urbaine qui les restreint (Parc national Ghandhi), la gestion des déchets et de l’eau est inexistante ou insuffisante avec les risques que cela implique d’un point de vue sanitaire et social. Cette inégalité face aux infrastructures essentielles est révélatrice d’une organisation défaillante de l’espace urbain, d’écarts de développement notables et montre les limites de Mumbai tout en la caractérisant comme une métropole émergente.  En cela, elle n’est pas durable.

B) La question des mobilités, des infrastructures et des aménagements

- Transports sous-dimensionnés

- Transports vieillissants et inadaptés à la taille de la ville e

- Infrastructures sous-dimensionnées pour les flux de la mondialisation

C) La question de la mixité et de la sécurité

- Par absence de mixité sociale...

- ...Accroissement des trafics, développement des organisations crirminelles et de la criminalité


- La traduction de ces contrastes se retrouve dans l’espace : littoraux face à mer d’Oman qui sont massivement occupés par les populations aisées tandis que les quartiers informels sont relégués à l’écart des centres et des lieux de commandement ou de production : phénomène de ségrégation socio-spatiale. De la même manière, la présence nombreuse de quartiers informels (bidonvilles et habitats précaires) est typique d’un développement rapide lorsque ces derniers sont contigus ou proches des quartiers favorisés et des centres.

Spatialement, l’organisation de la ville, ses modes d’habitations et ses dynamiques (relégation des pauvres vers les quartiers périphériques et concentration des classes aisées + dvlpt anarchique et peu maîtrisé de Mumbai) révèlent l’organisation spatiale d’une métropole émergente.
 
D) La question de l'accès aux ressources primaires et secondaires : eau, alimentation, énergie, santé, éducation et culture   

La bidonvillisation de Mumbai et de son espace sous influence se traduit par une explosion et une densification du nombre d'habitats informels autour des axes de transports, dans les espaces interstitiels de la ville et en périphérie au point que plus de 60 % de la population de Mumbai vit dans des conditions qui la privent de confort, d'accès à l'eau,à la gestion des déchets